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Nassogne

Patrimoine

La Collégiale Saint-Monon: Site classé de même que le vieux cimetière, entouré de 18 tilleuls planté en 1804 et 4 autres en 1946 (suite à l’offensive)

La chapelle St Monon: Située rue de Coumont, la chapelle actuelle date de 1834. Elle a été incendiée en 1791. Une partie de la construction du 18ème siècle a été conservée. L’édifice ayant été abîmé pendant l’offensive allemande de l’hiver 44/45, une restauration importante a dû être entreprise. 

L’Ermitage Saint-Léonard: Promontoire rocheux que couronne une modeste chapelle, dont le pignon droit porte le millésime de 1877. Situé au sud du village. Il fut occupé jusqu’au XVIIème siècle par des ermites.Un chemin de croix vous y mène et un panneau didactique (français/néerlandais) raconte la légende du saint ermite et de son brigand de frère. A découvrir lors d’une de nos promenades.

Fontaine «La Pépinette»: La légende raconte que, lors d’un passage à Nassogne, assoiffé et ne trouvant pas d’eau, Pépin le Bref frappa le rocher de son épée et qu’une eau vive en jaillit.

Pavillon Bonaparte ou Château du Bois
C'est en 1871 que le prince Pierre Napoléon Bonaparte, neveu du célèbre Empereur, fit construire ce pavillon en plein coeur de la forêt (un panneau didactique à l'entrée du site vous raconte l'histoire).

Aires de vision en forêt (Aire paysagère des Huttes)
Passerelle offrant un magnifique paysage. Situation: au départ de Nassogne, suivre la direction de Champlon ; dans la vallée, juste après l’élevage des porcs de prairies, prendre à gauche vers le pavillon du Laid Trou ; laisser la voiture sur le parking du pavillon et continuer le chemin à pied ; en moins de 45 minutes vous arriverez à l’aire des Huttes.
L’aire paysagère est accessible aux personnes à mobilité réduite via un autre itinéraire (informations au Département de la Nature et des Forêts: T: +32(0)84/37.43.10).

Les cervidés: Le domaine de Inzofalle, 44 hectares nichés entre deux collines

 

Un peu d'histoire

Dans la forêt d'Ardenne, dans une contrée où le culte d'Arduina l'avait cédé au culte du dieu Freyr, existait jadis une fontaine du nom de Nassonia.
Sur ses bords, vinrent se dresser quelques habitations dont l'ensemble s'appela Nassonia, Nassoigne, Nassonacum, et plus tard, Nassogne.
Cela nous reporte aux tous premiers siècles de notre ère, époque à laquelle on trouve en 372 plusieurs édits de l'Empereur Valentinien, datés de Nassogne, localité en bordure de la chaussée Bavay-Trèves.

Pendant plus de 200 ans, Nassogne reste dans l'oubli et les historiens en reparlent vers l'an 600.  C'est alors en effet qu'un moine écossais de nom de Monon, reçoit du Ciel l'ordre de venir évangéliser les gens qui se trouvent dans les environs de la fontaine Nassonia.
Monon, obéissant, prend son bâton de pèlerin et se met en route.
Il décide, avant de venir en Ardenne, de se rendre à Rome demander l'assistance des Sts Pierre et Paul.
En chemin, il rencontre Jean l'Agneau, à ce moment évêque de Tongres, qui s'en revient de Rome, et une étroite amitié se noue entre les deux hommes.
Au retour de son pèlerinage, Monon arriva à l'endroit que l'Ange lui avait indiqué.  Il se mit immédiatement à son double travail d'évangélisation et de défrichement, et un porc ayant déterré une clochette - on suppose que cette clochette était un tintinnabulum perdu par l'un ou l'autre  convoi qui parcourait la chaussée Trèves à Bavay, - Monon s'en servit pour appeler le peuple à la prière dans un humble oratoire qu'il avait dressé où se trouve actuellement la chapelle de Coumont.
Si Monon se fit beaucoup d'amis, il eut aussi des ennemis aussi bien dans ceux dont il avait renversé les idoles que du coté des malfaiteurs à qui il reprochait leur vie de péchés.
Ces bouquillons (bûcherons) s'unissent dans le même mauvais but et décident de supprimer Monon.  Ils viennent surprendre l'ermite alors qu'il est en prières dans son oratoire et d'un coup de dard - à moins que ce ne soit d'un coup de coin à fendre le bois - ils frappent Monon à mort - nous sommes vers l'an 636.
Averti de la mort de Monon, Jean l'Agneau qui était devenu évêque de Maastricht, eut grande peine car il portait en haute estime l'ermite de Nassogne.  Il fit bâtir une église en son honneur et ordonna que les chanoines de Huy viendraient y célébrer la messe chaque semaine.  Cette église se trouvait vraisemblablement à l'endroit de l'édifice actuel qui devint collégiale par une faveur de Pépin le Bref.
En effet, Pépin le Bref (715-768), fils de Charles Martel, venant chasser dans les Ardennes, entendit parler de miracles de St Monon et de son martyre et il voulut lui rendre hommage.  Il entra dans l'église où étaient le reliques sacrées, et - dit la légende - témoin lui-même de plusieurs miracles sur des personnes infirmes, il se prosterna de tout son long sur la pierre devant le tombeau du saint.  Il fit don de son chapeau royal orné d'une grande quantité de pierres précieuse enchâssées dans l'or fin.
Il fonda un chapitre de chanoines à qui il donna les dîmes lui appartenant entre la Lesse et l'Ourthe.
On raconte que lors d'un passage à Nassogne, la suite de Pépin ayant soif et ne trouvant pas d'eau, Pépin frappa le rocher de son épée et une eau vive en jaillit.  C'est depuis lors que l'endroit situé  à l'entrée de Nassogne en venant de Forrières s'appelle la Pépinette.
En 825, l'évêque de Liège, Walcand, fit transporter à Andage -Saint Hubert actuel - le corps de St-Hubert et soumis l'église de Nassogne aux prébendes de l'abbé de Saint-Hubert.  Cela dura jusque 1086 quand le chapitre de Nassogne refusa l'obéissance à l'abbé de Saint-Hubert tout en reconnaissant sa prééminence dans les assemblées convoquées par l'autorité papale.
Henri de Liège transféra alors à l'église de St Pierre et St Hubert à Liège le droit de décerner les prébendes à Nassogne tout en proclamant l'indépendance de son église.
Vers 1253, les légats apostoliques du cardinal Hugues de Ste Sabine et de Henri, évêque de Liège, vinrent à Nassogne pour rétablir la discipline ecclésiastique.  Ils ne réussirent pas entièrement et durent y revenir l'année suivante.
A cette époque, la terre de Nassogne appartenait à Walleran, sire de Montjoie et de Fahlcoumont.  Par acte du mois d'avril 1270, il promet de vendre à Henri, comte de Luxembourg et Marguerite sa femme, tout ce qu'il possède à Nassogne en Ardennes : hommes, prés, bois, le tout pour une somme de 1476 livres de Brabant.
Au mois de janvier 1274, Gérard de Luxembourg, fils de Walleran, sire de Durbuy, proclame l'affranchissement de la seigneurie de Nassogne.  Il déclare les habitants libres des droits de morte main, des mesmariages, des plaids généraux, des tailles, de toute coutume et de tous les forfaits ; mais il les contraint à plusieurs obligations qui sont reprises dans la charte d'affranchissement.
En 1364, le duc Wenceslas renouvelle de geste de Gérard de Luxembourg et exempta encore une fois les habitants de Nassogne du droit de morte main.
Wenceslas paya ses dettes avec le prix de la terre de Nassogne, car il la vendit à Guillaume, comte de Namur.  Elle passa ensuite à Everard de la Marke qui devint le dévoué (défenseur) de Nassogne alors que le duc de Luxembourg restait souverain et que les moines de St-Hubert exerçaient le pouvoir religieux sous la suprématie de l'évêque de Liège.
Le 1er août 1536, à la demande de Collard Malaize, abbé de St-Hubert, une nouvelle charte fut signée spécifiant bien les droits de l'abbé de St-Hubert, du seigneur de Mirwart et des habitants.
Dans cette charte (record) se trouvent détaillées les dispositions à suivre pour la procession de St Monon  dite des Remuages.  Voici le texte : " Le jour des Remuages, le Voué, seigneur de Mirwart, vient à Nassogne dans l'église canoniale, devant le grand autel, en présence du prévôt et des chanoines, du maïeur et de la haute cour ; il promet de faire son devoir et de porter le corps de Monsieur St Monon à la chapelle et de le rapporter à son église sur le grand autel à sa léalle puissance.
Quand il le rapporte sur l'autel, il demande s'il a bien rempli son devoir.  Le maïeur et la justice lui répondent ce qui est fait en est et le seigneur paye à la justice leurs droits accoutumés.  Quand le seigneur est déclaré avoir fait son devoir, l'abbé de St-Hubert doit lui payer huit francs pour ses droits, et avec ce, les hoirs et successeurs de Rasquin de Harzée sont redevables envers le dit seigneur, le susdit jour, de quatre setiers d'avoine pour ses chevaux "
Il est aussi conté que deux hallebardiers commandaient la procession des Remuages.  Ils rangeaient les habitants des paroisses par ordre alphabétiques, d'abord ceux d'Ambly et quand ils arrivaient à la lettre F, ils criaient : " En arrière les gens de Forrières qui ont occis St Monon ".
Le 30 août 1634, Ferdinand de Bavière, prieur-évêque de Liège, renouvelle les anciens privilèges de la terre de Nassogne et leur donne sauvegarde contre toutes excursions et allogements militaires.
Le 25 janvier 1650, Maximilien Henri, prince de Liège, exempte les habitants de Nassogne d'une imposition qui avait été établie dans le pays de Liège, au moyen d'une somme d'argent qu'ils lui comptèrent en 1656.
Le chapitre des Chanoines créé par Pépin Le Bref existe toujours au 17e siècle.  On trouve en effet que le 13 août 1696, Gilles Moreau, doyen des chanoines, vice prévôt, a remis, par ordre des chanoines, à Nicolas Bouffeux, la charge de prévôt.
Nicolas Bouffeux mourut en 1726 ; nous tenons de lui la chape qui fait partie du trésor de la collégiale.
Vers 1700, le chapitre commença à se diviser pour arriver à de telles dissension qu'il fallut que le pape Clément XI envoyât à Nassogne, le 10 mai 1709, le nonce apostolique, pour remettre de l'ordre.
C'est de cette époque que datent plusieurs obligations qui restèrent en vigueur jusqu'à nos jours.  Entre autres :
1. Le tabernacle sera recouvert d'un voile à l'intérieur et une lampe brillera nuit et jour devant la St Eucharistie, qui ne sera jamais exposée sans que l'autel soit éclairé pat six chandelles en cire.
2. La Fontaine baptismale sera placée près de la porte de l'église et sera entourée d'un grillage.
3. La fête de St Monon sera célébrée le jour de la St Luc (18octobre).  Une messe sera chantée en son honneur et un discours sera prononcé tandis que la cassette qui contient ses ossements sera exposée sur le grand autel.  Le jour de la translation (Remuages), on lui rendra le culte qui lui est dû.  Les danses, festins et autres orgies sont abolis et le prévôt veillera à la réalisation de ces obligations.
4. Le chapitre engagera le peuple à réparer la tour et le toit de l'église et fera replâtrer les murs intérieurs.
5. Les dimanches et jours fériés, un sermon sera fait au peuple ainsi que le catéchisme, par le préban, qui célèbre la messe paroissiale.
6. Tous les chanoines assisteront aux matines et aucun ne pourra sortir du chœur avant la fin sous aucun prétexte.
7. Récitation du chapelet dans l'église chaque dimanche après-midi.
8. Le prévôt fera bâtir un gymnase et visitera deux fois l'an l 'école des enfants.  Il les examinera en présence du maître afin de se rendre compte des progrès des élèves et du maître.
Ces nonces revenaient à des époques indéterminées pour rallumer le feu sacré et communiquer les ordres du chef spirituel de toute la chrétienté.
Le chapitre des chanoines subsista jusqu'en 1794 au moment où la domination autrichienne fit place à la domination française.
Le biens provenant de Pépin Le Bref et des autres donateurs furent vendus par le gouvernement français à la révolution.
Ainsi fut tournée une page de l'histoire de Nassogne où St Monon et les chanoines tirent une grande place.
L'église collégiale est toujours à l'emplacement de l'église de Pépin.  Elle a été complètement détruite et rebâtie plusieurs fois.  Sa dernière reconstruction totale date de 1661.
Elle fut à nouveau restaurée à la suite des incendies de 1673 et 1782.
Abîmée par les bombardements de la guerre 1940-1945, elle fut remise en état vers les années 48-49.
De nos jours, Nassogne est un village de plus de 1000 habitants.  Il a perdu quasi entièrement son caractère agricole.  Les hommes sont presque tous  ou employés ou ouvriers.
Le village s'est embelli et de nombreux citadins viennent y passer leurs vacances soit à l'hôtel, soit dans des maisons restaurées ou nouvellement bâties.  Leu séjour est agrémenté par le concours de nombreuses sociétés locales.

Extraits de la revue «Terres entre Wamme et Lhomme» éditée par le Cercle d’Histoire de l’Entité de Nassogne.
Pour plus d’informations : Mr Louis LANGE, président - 084/21 06 19