Cédric Garcet est le nouveau directeur du centre culturel
Description: À la tête du Centre culturel de Nassogne depuis le 15 septembre, le nouveau directeur du Centre culturel, Cédric Garcet, entend poursuivre le travail engagé en plaçant les habitants au cœur du projet. Rencontre avec un Famennois convaincu que la culture est un véritable outil d’émancipation.
« Habitant de Marche depuis l’âge de 3 ans, je me considère vraiment comme un Marchois. Plus largement un Famennois », raconte Cédric Garcet. Le ton est donné. Le nouveau directeur du Centre culturel de Nassogne revendique un profond attachement à son territoire. Après des années passées à travailler loin de chez lui, son arrivée à Nassogne sonne comme un retour aux sources.
« Mon parcours professionnel m’a surtout amené à travailler en milieu urbain. Revenir dans une commune rurale, c’était une vraie envie. Ici, les enjeux d’accès à la culture, de mobilité ou de proximité sont différents. Et c’est précisément ce qui m’intéresse.»
Après des études d’assistant social, Cédric effectue la majorité de son parcours professionnel dans le secteur des Maisons de Jeunes, dans les politiques culturelles de jeunesse : « J’ai toujours baigné dans l’éducation permanente, l’expression culturelle et tout ce qui est en lien avec la culture de manière très large », précise-t-il.
De maisons de jeunes à la Fédération des Maisons de Jeunes, en passant par un cabinet ministériel, avant de rejoindre le monde des musées il y a un peu plus de deux ans, un fil rouge relie toutes ces expériences : la conviction que la culture est un outil essentiel. « La culture permet aux individus de prendre leur place dans la société. Elle favorise l’émancipation, la rencontre, la cohésion. C’est un formidable levier de développement humain », affirme le nouveau directeur.
La valorisation de l’individu comme levier
Parmi les expériences qui ont forgé sa vision du métier, un projet mené à la fin des années 1990 l’a particulièrement marqué. Avec plusieurs Maisons de jeunes, il accompagne un groupe à Vitrolles, première ville française dirigée par le Front national. Les jeunes créent des spectacles autour des thèmes de l’exclusion et rencontrent d’autres adolescents sur place. « Ce projet m’a fait comprendre qu’on pouvait faire du travail social autrement. Pas uniquement dans l’assistanat ou le soutien... - qui est très important -, mais en étant sur un ‘autre versant’ qui est la valorisation de l’individu et la reconnaissance de celui-ci par rapport à tout ce qu’il peut apporter à la société », explique Cédric.
« Bluffé » par le dynamisme local
S’il connaissait déjà le Centre culturel de Nassogne comme spectateur occasionnel, le nouveau directeur découvre tout doucement son fonctionnement de l’intérieur. « J’ai été bluffé par le dynamisme de l’équipe, le nombre de projets et surtout leur qualité. Les actions développées semblent vraiment répondre aux enjeux des droits culturels, de la population... », s’enthousiasme-t-il. Il ajoute également avoir été surpris par la vitalité associative de la commune de Nassogne : « Dans certains villages de quelques centaines d’habitants, plusieurs comités, parfois très diversifiés, coexistent. C’est assez remarquable. »
Le récent Parcours d’Artistes lui a aussi permis de mesurer la richesse créative du territoire. Il précise : « J’ai eu la chance de participer au Parcours d’Artistes et j’ai été agréablement surpris du nombre de personnes, pas seulement celles qui ont une pratique artistique, mais aussi celles qui ont ouvert leur porte, accueilli le public... Et je trouve ça très chouette. »
Donner du sens aux projets
À ses yeux, le rôle d’un directeur ne se limite pas à gérer un budget ou une équipe. Certes, il faut veiller au bon fonctionnement administratif et financier de la structure. Mais l’essentiel est ailleurs : « Chaque projet doit avoir du sens. Il ne s’agit pas de faire des activités parce qu’elles nous plaisent, mais parce qu’elles répondent à des objectifs et aux enjeux du territoire. »
Pour autant, pas question d’arriver avec de grandes réformes. Les premières semaines sont consacrées à l’observation : « Je prends le temps de rencontrer l’équipe, les associations, les partenaires et les habitants. Le travail réalisé jusqu’ici est de qualité. Mon rôle est de le soutenir et de lui donner les meilleures conditions pour continuer à se développer », précise-t-il.
Fan de technologie et de nature
Lorsqu’il quitte son bureau, Cédric Garcet retrouve volontiers les sentiers forestiers de la région. Passionné de randonnée, il aime parcourir les bois à pied ou en roue électrique. Amateur de nouvelles technologies, il pratique également la photographie aérienne par drone et s’intéresse de près à l’intelligence artificielle. Côté culture, s’il apprécie le théâtre, ce sont les concerts qui continuent d’occuper une place de choix dans son agenda : « Avec le temps, mes goûts musicaux évoluent. Mais j’ai longtemps été très punk et métal. Aujourd’hui, je suis plus éclectique, même si j’adore toujours ça. »
Finalement, son ambition pour le Centre culturel de Nassogne tient en quelques mots : « J’aimerais que l’action du CCN soit connue et reconnue par un maximum d’habitants de la commune. Tout le monde ne participera pas forcément aux activités mais au moins savoir que ça existe, savoir que c’est accessible, ça c’est important puisque je considère que le Centre culturel est un outil au service de la population », conclut-il.
Il était l’invité de l’Hebdo sur Tvlux le 17 octobre dernier. À revoir ici